MERYME, LA FORCE TRANQUILLE

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MERYME, LA FORCE TRANQUILLE

Finaliste du groupe IV à CFPAD, AZEHAA WAMBA Mérymé, jeune universitaire, a pris son temps pour peaufiner son projet. Décidé à quitter ses études à l’université de Douala dont il estimait qu’elles ne le menaient à rien de concret (vu que ses notes d’examens étaient systématiquement égarées par l’administration calamiteuse de cette institution…), il s’est formé dans notre centre pour se lancer dans l’élevage des poulets dans son village de FOKOUE à 20km de DSCHANG (Ouest). Ayant de petits moyens, il a patiemment aménagé son espace – qu’il habite avec son neveu – puis grâce au fonds d’installation octroyé par DUCA et dû à la générosité de PPlM (notre partenaire allemand), il a lancé sa première bande de poulets passant de 200 sujets, à 250 puis bientôt 600. Une belle progression.
Il a su s’intégrer dans son village et intéresser la population à ses activités : les clients locaux se déplacent pour acheter chez lui et, chose remarquable, il écoule sa marchandise aux prix de Douala, soit 2500 à 3000 F l’unité. Soucieux de minimiser les coûts de l’alimentation de ses volailles, il achète son maïs chez les cultivatrices du village et s’est procuré une machine manuelle pour écraser la nourriture de ses bêtes… plutôt que d’acheter de la provende toute prête en sacs à Dschang.

Une vie champêtre – sans électricité et avec l’eau de la source – que Mérymé a acceptée avec satisfaction pour l’autonomie qu’elle lui garantit mais il compte rapidement agrémenter son style de vie et prospérer, notamment avec la culture de la tomate, grâce à l’intervention de son père – resté à Douala – et qui lui a négocié une parcelle de terrain au village.
Nous CFPAD, qui avons mis sur pied ce système d’accompagnement de la vocation de certains jeunes pour les activités agropastorales, nous rendons compte que plus nous visitons nos jeunes insérés plus nous constatons combien les familles se mobilisent. Ce sont surtout les pères qui, au vu des efforts et du succès grandissant de leurs enfants, n’hésitent pas à faire de gros efforts et à s’investir pour leur avenir. Ceci nous ravit vu que c’est ce que nous avons toujours recherché : que les efforts du jeune suscitent un élan de solidarité dans sa famille et renforcent les liens – et que tout ceci bénéficie aussi au final à la consolidation de la synergie ville /campagne à travers la présence de jeunes entrepreneurs de retour au village. Nous avions l’impression au départ que cet appui de la famille n’était pas gagné d’avance et que le scepticisme faisait loi. Bravo donc à nos jeunes qui persistent et finissent par mettre tout le monde d’accord, y compris nous.