MARIUS, DU MASTER EN BIOCHIMIE A L’ELEVAGE

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MARIUS, DU MASTER EN BIOCHIMIE A L’ELEVAGE

Jean Marius DEFFO TETSING  a été un élève, un lycéen puis un étudiant modèle. Un pur produit de l’enseignement public camerounais qui offre aux plus méritants la possibilité de faire un parcours sans fautes : pas un accroc, pas un redoublement dans son cursus entre 2002 et 2013, année d’obtention de son master I en biochimie. C’est après que les choses se sont compliquées… Entre 2013 et 2018, année de sa formation chez nous à DUCA, ne lui ont été offerts que quelques stages non rémunérés et un emploi sous-payé dans une entreprise alimentaire de Bonabéri qui lui permettait à peine de survivre. Pas de quoi se dessiner un avenir ni personnel, ni marital, ni familial …

Mis en contact avec notre institution, Marius passe 6 mois au CFPAD avec le but de se construire un avenir professionnel en tant qu’auto-entrepreneur agricole. Il développe un intérêt pour l’élevage de porcs et de poulets et axe son mémoire de fin de formation sur ce projet. Il construit une petite porcherie et un poulailler dans la concession de son père à Souza et entreprend un élevage de poulets avant même la fin de sa formation. Il vit avec sa mère et son frère dans la maison familiale. Souza étant proche de Douala (33 km) et  proche de la route principale, il a accès à l’électricité, à l’eau potable et aux soins de santé.

A ce jour, il élève 5 porcs dont 3 truies qui sont déjà gestantes. Pour l’aider à nourrir ses bêtes, il élève des poulets (200 par bande) qu’il vend à Souza au prix de 2 300 F environ l’unité. Dans la foulée il a mis sur pied une petite plantation de piments.

A 29 ans, Marius se dit plutôt satisfait de son sort (même si ce n’est pas facile) car libéré du traumatisme vécu de par son statut de diplômé-chômeur. Il travaille pour lui-même, a regagné  confiance en ses capacités  et entamé un processus de résilience. Sa famille est aussi très contente pour lui et lui accorde tout son soutien. Et ce ne sont pas les projets qui manquent : fonder sa propre famille, étendre ses productions de poulets à 500 sujets, agrandir son cheptel à 100 porcs pour finalement étendre son projet vers Djoungo (à 30km au nord) sur des terres familiales non exploitées et mettre sur pied une importante bananeraie.

Les exemples similaires de jeunes diplômés de l’Université de Douala guidés chez nous par le chaos de leur vie post-estudiantine vont se multiplier. Bien que diplômés, ils s’insèrent dans notre cible : des jeunes de milieu modeste qui se cherchent un avenir. Et leur niveau académique en fait des bénéficiaires de choix qui vont savoir développer leur exploitation et devenir de vrais partenaires du CFPAD : ils pourront s’investir pour d’autres moins armés sur le plan conceptuel et organisationnel. Nous veillerons à mettre en place cette synergie. En attendant nous  félicitons Marius pour le virage à 180 degrés qu’il a  su s’infliger avec courage et détermination.